L'interdiction de fumer et autres mesures prises au nom de notre santé! Asphyxiante santé  posté le mercredi 02 janvier 2008 07:55

Blog de pgodin :Poètes, vos papiers!, L'interdiction de fumer et autres mesures prises au nom de notre santé! Asphyxiante santé

 Nous profitons de ce triste  jour  d'interdiction du droit de fumer dans les cafés et autres lieux publics, pour  dénoncer les risques du tout "sécuritaire"..Un jour nous regretterons, peut-être, le temps  passé : des profs de philo  en grillaient une dans leur classe en effectuant la plus belle des maïeutique; des  acteurs enfumaient l'écran noir de nos  nuits; des chanteurs, des politiques et parfois mêmes les dieux, fumaient des havanes! Sans rappeler , l'éloge des vertus du tabac par Molière, nous voulons rappeler d'autres formes d'atteintes aux libertés au nom de notre "santé"!

 

 

 

 

 

Des risques de l’eugénisme et de la psychologie du « Karcher » pour l’art !

 

Les récents “débats” autour des supposées prédispositions génétiques à la pédophilie ou aux tendances suicidaires, participent peut-être d’une autre facette d’un pouvoir politique qui se cherche : à savoir le risque d’une société promise à de nouvelles formes d’eugénisme et l’instauration  de 1' « Etat thérapeutique”!

On sait que l'organicisme trouve depuis plusieurs années un regain dans les spéculations sur la biochimie et la génétique moléculaire, particulièrement en URSS, en Amérique latine et aux Etats-Unis. Mais c’est en France au nom de notre santé et de notre sécurité, que certaines dérives génétiques aujourd’hui se dessinent.

Outre, le fait qu’il ne soit pas sûr qu’il existe des “prédispositions” génétiques à la pédophilie ou au suicide, pas plus qu’il y en ait pour l’homosexualité ou à la maladie dite mentale, ce qui est inquiétant, c’est de brandir l’arme suprême de l’éradication génétique. Car, même si de telles “dispositions “ existent, il semble douteux, au nom du tout sécuritaire, de vouloir traiter  génétiquement ces questions. C’est faire l’impasse, notamment, sur plus d’un siècle de recherches dans le domaine de la compréhension des phénomènes psychiques!

« Extirper les passions ou les appétits, uniquement pour prévenir leur bêtise ou les fâcheuses conséquences de leur bêtise, voilà qui aujourd’hui nous paraît n’être qu’une forme de la bêtise. Nous n’admirons plus les dentistes qui arrachent les dents afin qu’elles ne fassent plus mal » [1]

Castrer, extirper, éradiquer, “Karcheriser”, ce sont au fond, toujours les même armes, que nous proposent ceux qui parlent au nom du “bien”, de la “santé” ou de la sécurité.. A chaque fois au lieu de parier, sur ce que Nietzsche appelait, (avec humour), une “spiritualisation de la passion” ou sur ce que Freud appellera “sublimation”, on propose toujours de s’attaquer aux “racines” du mal, sans comprendre qu’attaquer les “passions à la racine, cela revient à attaquer la vie à la racine. » Qu’il faille “combattre” la pédophilie,  le suicide ou la dépression, ne relève pas de la plus grande originalité; en revanche,  il est moins sûr que l’on devra se placer d’emblée sur le terrain du biologique pour aborder ces problèmes! En fait c’est “pragmatiquement” se placer politiquement dans cette mouvance venue (en partie) des États Unis, qui tente, de plus en plus, à traiter les “maladies” et les “troubles” “psy”,   à partir des seules thérapies comportementales et cognitives (TCC), mais aussi (pour le plus grand bien des industries pharmaceutiques), à coup de neuroleptiques et enfin pour l’avenir, par éradication génétique; à chaque fois, au détriment des traitements psychiques.

C’est évidemment, pour une part la logique marchande du moindre coût et des perspectives de marché ouvertes qui est préférée à des médecines, certes plus chères, mais aussi plus exigeantes,  plus “humaines” et respectueuse des particularités, etc.. Il s’agit d’agir vite, en supprimant les symptômes, sans rechercher nécessairement les causes, le milieu. Cela évite d’envisager des techniques mixtes qui allient, par exemple, psychothérapies et prise de médicaments etc... Cela dispense aussi, de ne pas prendre  conscience de l'effrayant déficit dans l'accueil des personnes handicapées, (beaucoup moins présent dans des pays comme l’Allemagne et dans certains pays nordiques.)

Mais c’est aussi la logique sécuritaire qui guide une telle “politique”. Car c’est une tendance ancienne, comme le rappelle Frédéric Gros[2] , au cœur même de la psychiatrie et de son histoire, de vouloir s’évertuer à loger la “folie” ou la “perversion” dans l'individu et même à lui assigner une origine anatomique qui en rende dès lors la morbidité indiscutable.

Par exemple, les psychiatres, au XIXe siècle  ont été enclins à rechercher l'origine des troubles du langage dans une anomalie ou une lésion du cerveau. [3]  Au pays de Descartes et des Lumières, les dépistages génétiques “sont donc idéologiquement perçus comme un progrès des acquis scientifiques, des Lumières, de la Raison”. Comme le déclarait récemment Élisabeth Roudinesco: ”La psychiatrie est devenue entièrement biologique”, ‘, “elle est en train de se soumettre au comportementalisme en redevenant purement médicale. Les praticiens adeptes des TCC sont peu nombreux en France (550 recensés), ils n'attirent pas spécialement le public, mais ces thérapies sont valorisées dans les facultés de médecine et par le ministère de la Santé - cela peut changer - car elles sont rapides et ne coûtent pas cher”!

Les récents “débats” sur une supposée origine génétique à la pédophilie, s’inscrivent donc dans cette longue campagne obscurantiste, dont le premier acte fut, l'amendement Accoyer. Celui-ci subordonnait, dans sa rédaction initiale, toute psychanalyse, toute psychothérapie relationnelle, à la psychiatrie - et, dans les faits, à une certaine psychiatrie, qui tend à devenir dominante et s'appuyant sur un nouvel avatar du béhaviorisme :  les analyses du comportement qui expliqueraient l'ensemble des souffrances. [4] Le second acte, fut ce projet  gouvernemental  d’un plan de prévention de la délinquance passant par une détection très précoce des « troubles comportementaux » chez l’enfant, dès le plus jeune âge, censés annoncer un parcours vers la délinquance. En s’appuyant sur une expertise de l’INSERM, les professionnels étaient ainsi invités à repérer des facteurs de risque prénataux et périnataux, génétiques, environnementaux et liés au tempérament et à la personnalité. Tels, à propos de jeunes enfants « des traits de caractère tels que la froideur affective, la tendance à la manipulation, le cynisme » et la notion « d’héritabilité (génétique) du trouble des conduites. » Ou avant le 36° mois des signes suivants : « indocilité, hétéroagressivité, faible contrôle émotionnel, impulsivité, indice de moralité bas. »

Enfin, le troisième acte, (qui confine à la fureur “hygiéniste”), c’est donc le grand nettoyage génétique! Cette fois-ci, plus de “repérage” ou de traitement; ni de redressage comportementaliste! On éradique tout simplement (version Karcher de la future politique médicale et  judiciaire?).

Or, outre l’absence de réels fondements scientifiques à ces déclarations, ce qui les rendent inacceptables, c’est qu’elles peuvent être l’annonce d’un avenir où “tout (effectivement) devient possible» Car, demain ce n’est plus seulement la pédophilie, le tempérament suicidaire qui tombera sous le coup de la raison génétique, mais aussi la toxicomanie, l'alcoolisme, l'homosexualité, l'impuissance sexuelle, la dépression, la kleptomanie, etc. En traitant toutes ces dispositions, comme des maladies éradiquables génétiquement, on se déchargera de toute psychologie, et on culpabilisera même les futurs couples qui refuseraient de se soumettre à de tels tests génétiques ou pire à interrompre une grossesse d’un futur petit pervers! [5]

  

Didier Sicard, dans un  entretien récent[6] pouvait écrire à propos de la récente polémique suscitée par le Téléthon  focalisée sur le diagnostic préimplantatoire des embryons humains et le tri de ces derniers sur des critères génétiques: “La vérité centrale est que l'essentiel de l'activité de dépistage prénatal vise à la suppression et non pas au traitement. Ainsi, ce dépistage renvoie à une perspective terrifiante: celle de l'éradication”. [7] “Dans la très grande majorité des cas, le dépistage prénatal n'est pas destiné à traiter mais bien à supprimer”.

Et, pour ce qui concerne notre problème des affinités de l’art aux maladies, Didier Sicard ajoute:

Je suis profondément inquiet devant le caractère systématique des dépistages, devant un système de pensée unique, devant le fait que tout ceci soit désormais considéré comme un acquis. Cette évolution et cette radicalité me posent problème. Comment défendre un droit à l’inexistence?  J'ajoute que le dépistage réduit la personne à une caractéristique. C’est ainsi que certains souhaitent que l'on dépiste systématiquement la maladie de Marfan dont souffraient notamment le président Lincoln et Mende1ssohn. Aujourd'hui, Mozart, parce qu'il souffrait probablement de la maladie de Gilles de la Tourette, Einstein et son cerveau hypertrophié à gauche, Petrucciani par sa maladie osseuse, serait considérés comme des déviants indignes de vivre”.

Ce n’est pas seulement la “conscience” qui manque à la science ou à la volonté de connaître, et à l’idéologie politique qu’elle cautionne: c’est aussi le manque de goût! Ce n’est pas comme le dit Houellebecq, dans les particules élémentaires, que “tout deviennent possible”, qui rend inhumain la perspective des manipulations génétiques, c’est aussi, qu’elles se fassent sans principe de sélectivité esthétique.

Si la sélection du sexe du fœtus est parfaitement en place sur le plan technique, ce n’est pas, seulement « ce clonage et la bio-génétique qui vont entraîner des conséquences terrifiantes ! » , comme l’affirme par exemple George Steiner: c’est une volonté de connaître qui n’est plus bridée par aucun goût. Voilà ce qui est “barbare”! Le fait que l’on puisse arrêter chez un fœtus le développement d'une maladie est donc,  d'un certain point de vue, magnifique, de l'autre, cela fait très peur: dans ce contexte,  Beethoven, troisième enfant d'une famille où tous les enfants étaient atteints de malformations, ne serait jamais né ”. 

Déjà, Nietzsche en son temps prévenait des dangers d’une certaine psychologie  pour l’éclosion de ces  individualités exemplaires que sont les “génies”. Il soulignait, à juste titre, le lien entre un certain phénomène de “massification” démocratique, et l’instinct de connaissance qui prend le pas sur les autres “instincts”. En ce domaine plus qu’ailleurs la volonté de vérité peut tuer la vie.

En 1943, des médecins militaires aux États Unis diagnostiquaient, à propos d’un jeune marin de 19 ans, un état de démence  précoce et de tendances schizoïdes. A leurs yeux, il avait tout pour déplaire: « il imagine des symphonies entières dans son esprit; il peut entendre chaque note. Il voit des pages de mots imprimés. . Plus grave: il a quitté l'école soudainement, car « il pensait qu'il n'avait rien de plus à apprendre » et voulait être écrivain. Jean Louis Lebris de Kerouac, serait sans doute aujourd'hui tombé  sous le coup de la raison “comportementaliste”!

Non seulement pour des raisons “génétiques», mais aussi pour des raisons de troubles du comportement, Mozart ou Beethoven, enfants asociales, auraient été sans doute réadaptés, à coup de psychothérapies comportementalistes ou de neuroleptiques. Ils auraient été “normalisés” mais jamais ils n’auraient pu composer un seul Don Giovanni ou une seule Symphonie en Ut mineur! Bartok, manifestant des penchants notoires à la pédophilie, n’aurait peut être jamais écrit ses quatuors et le poète Trakl,  vivant un inceste très tôt avec sa sœur n’aurait pas publié Psaume ; Dostoïevski aurait, soigné  son épilepsie et ses obsessions de scènes de meurtres, de viols et de pédophilies à coup de tranquillisants!

Sans parler des artistes suicidaires, comme l’écrivain romantique Heinrich von Kleist, qui se tira “une balle dans la cervelle”. Ou ceux “ennuités” par la folie: Hölderlin, Nerval, ce Prince Noir de la mélancolie, qui après une vie d’errances ira se pendre, un soir de 1855 dans une rue du Marais. Et, bien sûr, pour le plus populaire (!) Van Gogh, qui “se trancha une fois l’oreille” et  finira par se  tirer un coup de carabine après des mois d’internement. Dans cette galerie des prétendants au redressement universel on aurait pu évidemment citer, Artaud, Paul Celan, internés et de plus suicidaire pour le second! Et, enfin, pour les dépressifs notoires: l’écrivain américain F.S.Fitgérald,  et tous ces artistes américains du XXe siècle qui seront happés par le suicide, la folie, mais aussi plus spécifiquement par l’usage des drogues ou de l’alcool: Malcolm Lowry, Hemingway, Pollock, Warhol, Kerouac, les écrivains  dits de la “beat génération” et la majorité des musiciens de jazz.

Prétendre apporter la santé, la sécurité, par des méthodes de dressage ou d’éradication qui réduisent le sujet à ses comportements ou pire à une “caractéristique” génétique, est une des préfigurations de l’eugénisme qui nous attend! Reconnaître, qu’il y aura toujours une partie de l'humanité qui échappera à cette normalisation, que l’on n'arrivera jamais à “l'homme parfait” qui ne fumera pas, ne se droguera pas, fera l'amour suivant les normes en vigueur et se soumettra sans broncher aux règles et aux conventions sociales, serait au contraire une forme de sagesse à méditer. Comme l’écrit la psychanalyste, Elisabeth Roudinesco: “Nous vivons dans une société troublée par la mondialisation, l'évolution des normes morales et la perte des repères religieux et identitaires, une société de plus en plus puritaine, qui veut le risque zéro, qui poursuit les pédophiles mais autorise et valorise la pornographie. Il y a un vrai combat philosophique derrière tout cela: veut-on des individus soumis aux contraintes de l'efficacité économique et de l'hédonisme réduit à la question du corps  ou bien des sujets lucides et autonomes, mais peut-être moins contrôlables?” [8]

 

C’est donc, au nom de la santé, de la sécurité et de la norme naturelle, que tout une part de notre liberté s’élide au profit d’un monde certes plus sûr mais qui risque aussi de supprimer toute émergence de nouveautés. Et spécialement ces individualités, indomptables et retorses, que sont la plupart des artistes! Le philosophe, Gilles Deleuze citait la prophétie des dernières pages de l’Apocalypse de Laurence comme préfiguration de notre monde : " Chaque fois que l’on programme une cité radieuse, nous savons bien que c’est une manière de détruire le monde, de le rendre " inhabitable ", et d’ouvrir la chasse à l’ennemi quelconque. Le pire ce n’est pas seulement les images apocalyptiques  d’une société chaotique  ou despotique ou les délires totalitaires d’un Hitler ou d’un  Staline, il est d’autres formes d’apocalypses, plus modérés plus soft, à l’image de cette Nouvelle Jérusalem et de cet  avenir qu’on nous promet, pas seulement dans la science-fiction, plutôt dans la planification militaire-industrielle de l’État mondial absolu.  L’Apocalypse, ce n’est pas le camp de concentration (Antéchrist), c’est la grande sécurité militaire, policière et civile de l’État nouveau ; la Jérusalem céleste) ".

Deleuze, savait aussi, à la suite de Nietzsche, que certaines “maladies” ou  formes de comportements jugés pervers se “marient parfois étrangement avec l’esprit”. Et, au lieu, de vouloir défaire cet accouplement monstrueux, il y voyait comme  un accomplissement de tous les possibles. L’artiste ou parfois l’homme “malade” rendent visible des formes de vie à venir. D’où, peut-être “l’élection”  par Deleuze, d’œuvres provenant d’artistes en apparence malades : Proust, Bacon, Céline, Burroughs. Hommes prompts à se détruire pour dépasser les identités factices dans lesquelles nous sommes engluées, pour expérimenter de nouvelles “formes” de vie. Au lieu d’éradiquer la vie, en accomplir tous les possibles!

Face aux “terroristes” et aux bourreaux; à tous ceux qui ne rient pas, (y compris les acharnés du pouvoir), Deleuze opposait enfin, les figures modernes des  nouveaux damnés de la terre: de ceux qui seraient certainement tombés sous le traitement des nouvelles formes d’eugénisme qu’on nous promet:

 “Bacon non moins que Beckett fait partie de ces auteurs qui peuvent parler au nom d'une vie très intense, pour une vie plus intense. Ce n'est pas un peintre qui « croit » à la mort. Tout un misérabilisme figuratif, mais au service d'une Figure de la vie de plus en plus forte. On doit rendre à Bacon autant qu'à Beckett ou à Kafka l'hommage suivant: ils ont dressé des Figures indomptables, indomptables par leur insistance, par leur présence, au moment même où ils « représentaient » l'horrible, la mutilation, la prothèse, la chute ou le raté. Ils ont donné à la vie un nouveau pouvoir de rire extrêmement direct.” [9]

 



[1] Nietzsche, Crépuscule des Idoles, p 82 Ed. Gallimard.

[2] Frédéric Gros, Création et folie, Une histoire du jugement psychiatrique, PUF

[3] A la suite de Meynert, qui, dès I866, avait émis l'idée que l'aphasie était consécutive à une atteinte d'une zone située entre le lobe temporal et le lobe frontal, on s'entendit finalement pour localiser le langage articulé dans la troisième circonvolution frontale, tandis que le langage intérieur et la compréhension étaient dévolus à la première circonvolution temporale gauche.”Dans la stratégie psychiatrique de médicalisation des déviants, il était primordial de commencer par assigner une localisation cérébrale aux irrégularités de l'expression verbale, de bloquer ainsi d'emblée le mouvement de réciprocité que le langage appelle par principe, si hermétique soit-il, de maintenir envers et contre lui les positions du savoir médical, d'en faire plutôt l'objet d'étude et d'intervention du neurochirurgien, bref, de défendre en priorité la ligne de ségrégation entre la raison et la déraison à son point névralgique”

[4] Article publié le 10 septembre 2005 Par Jack Ralite et Jean-Pierre Sueur. LE MONDE

 

[5] Se servir de la génétique, au motif que « la science dit le vrai »,  pour justifier une simple politique et une idéologie est d’autant plus perfide qu’elle s’appuie sur des apports réels et bénéfiques, de la génétique dans le domaine médical! En effet, comme pour l’usage de certains neuroleptiques, souvent utiles en accompagnement d’un traitement psychique, il est évident,  que certains dépistages à la naissance,  comme celui de l'hypothyroïdie, (qui permettent la mise en place d'un traitement efficace par voie alimentaire), sont des plus utiles!

 

 

 

[6] Paru dans le monde du dimanche 4-lundi 5 fév. 2007 Didier Sicard est président du comité consultatif national d’éthique  (CCNE)

[7]   Et ceci est peut-être plus vrai en France que dans d'autres pays. Certaines peuvent aller jusqu'à proposer ouvertement d'« éradiquer l'hémophilie », d'« arrêter la propagation des maladies génétiques ». Nous sommes ici dans un imaginaire où le chromosome et le gène prennent la place des agents pathogènes infectieux, que l'on demande à la médecine de ne plus voir.

Ces dépistages “sont idéologiquement perçus comme un progrès des acquis scientifiques, des Lumières, de la Raison”. En revanche, on ne prend pas conscience de l'effrayant déficit dans l'accueil des personnes handicapées, beaucoup moins présent dans des pays comme l’Allemagne et dans certains pays nordiques,..

 

[8] L'Express du 05/09/2005 Elisabeth Roudinesco contre-attaque propos recueillis par Gilbert Charles.

 

[9] Gilles Deleuze, Bacon p.42. Ed. la Différence.

 

 

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